Les mères ou les pères perdent-ils plus de sommeil la première année ? Ce qu'une étude de 12 mois a trouvé
Par Équipe éditoriale LybadoraLecture de 4 min
Les deux, mais différemment. Une étude de 2023 qui a suivi 232 couples de la grossesse jusqu'à 12 mois après la naissance a constaté que les pères dormaient nettement moins de minutes à chaque mesure post-natale, par exemple environ 15 minutes de sommeil mesuré de moins que les mères à 4 mois. Les mères, elles, dormaient presque aussi longtemps mais bien moins continûment : à 4 mois, leur sommeil était assez interrompu pour que seulement 88,6 % de leur temps au lit soit réellement du sommeil, contre 96 % pour les pères, et les mères ont eu plus du double de réveils nocturnes que les pères tout au long de l'étude.
Explication
"Qui est le plus fatigué" se discute généralement à partir d'impressions. Une étude longitudinale de 2023 l'a mesuré directement, chez les mêmes couples, avec des agendas de sommeil et de l'actigraphie (un capteur de mouvement porté au poignet), du troisième trimestre de grossesse jusqu'à une année complète après la naissance.
Éléments de preuve
Horwitz et ses collègues ont suivi 232 couples recrutés pendant la grossesse, dont 154 étaient encore mesurés à 12 mois. Durée de sommeil mesurée par actigraphie, par échéance :
| Échéance | Mères | Pères |
|---|---|---|
| Grossesse (3e trimestre) | 403,5 min | 399,7 min |
| 4 mois après la naissance | 399,8 min | 384,5 min |
| 8 mois après la naissance | 392,1 min | 380,3 min |
| 12 mois après la naissance | 401,5 min | 382,7 min |
La continuité du sommeil racontait une autre histoire. Le "pourcentage de sommeil" (la part du temps passé au lit réellement passée à dormir) à 4 mois : 88,6 % pour les mères contre 95,96 % pour les pères. Les réveils nocturnes étaient plus élevés chez les mères à chaque échéance mesurée, y compris pendant la grossesse elle-même (2,16 réveils mesurés par actigraphie chez les mères contre 1,31 chez les pères).
Sur l'ensemble de l'étude, environ 70 % des mères et 50 % des pères ont présenté à un moment au moins des symptômes d'insomnie infracliniques.
Ce que signifient les chiffres
Les deux parents ont perdu du sommeil dans des monnaies différentes. Les totaux des pères ont baissé et sont restés plus bas, une véritable réduction d'heures. Les totaux des mères sont restés plus proches de leur niveau d'avant la naissance, mais ce temps est devenu bien plus fragmenté : passant de plus de 91 % d'efficacité du sommeil pendant la grossesse à moins de 89 % à 4 mois, avec plus du double de réveils nocturnes par rapport aux pères tout du long.
Cette distinction compte pour la façon dont la fatigue de chaque parent est vécue et décrite. Un parent qui perd des heures et un parent qui perd de la continuité peuvent tous deux se dire épuisés, à partir de schémas mesurablement différents, ce qui explique en partie pourquoi les comparaisons de perte de sommeil entre partenaires se croisent si souvent sans se rencontrer.
Ce que les parents peuvent observer
- La durée totale de sommeil, qui a davantage baissé chez les pères dans cette étude.
- Le nombre de réveils nocturnes et le temps passé éveillé la nuit, qui pesaient plus lourdement sur les mères tout du long, y compris avant la naissance.
- Comment ces éléments évoluent ensemble sur l'année, puisque l'étude a trouvé que les deux schémas persistaient jusqu'à 12 mois au lieu de se résorber rapidement.
Dans un foyer à deux personnes, noter qui a pris en charge quel réveil nocturne, et pas seulement que "quelqu'un" l'a fait, est ce qui transforme une impression en un schéma que les deux parents peuvent réellement voir.
Ce qui peut expliquer un schéma
L'étude n'a pas mesuré directement quel parent effectuait chaque tâche de nuit, mais ses auteurs notent que le schéma est cohérent avec le fait que les mères restent globalement plus impliquées dans les soins nocturnes, pour des raisons qui incluent l'allaitement sans s'y limiter. Un déplacement dans le schéma de l'un ou l'autre parent, le sommeil total d'un père qui remonte, la continuité d'une mère qui s'améliore, mérite d'être lu comme un changement dans la répartition nocturne, et pas seulement comme la maturation du sommeil du bébé.
Ce que les parents peuvent faire
Si la perte de sommeil est une source de tension entre partenaires, il peut aider de nommer quelle monnaie chacun perd réellement, des heures ou des plages ininterrompues, plutôt que de comparer des totaux qui se ressemblent sur le papier mais viennent de schémas différents. Noter les réveils nocturnes selon qui les a pris en charge est un moyen concret de voir si la répartition correspond à ce que chacun suppose.
Considérations de sécurité
Cet article résume des résultats de recherche au niveau d'un groupe et ne mesure pas l'expérience d'un couple en particulier. Une insomnie persistante, un épuisement qui ne s'améliore pas, ou un changement d'humeur accompagnant la perte de sommeil méritent d'être évoqués avec un professionnel de santé, pour l'un comme pour l'autre parent, plutôt que d'être traités comme une simple phase attendue.